Bayeux : la cathédrale de Guillaume en lumière

Département : Calvados

 

Bayeux inaugure en Normandie un mini-saison touristique pendant les fêtes de fin d’année. Avec la Cathédrale de Guillaume la Tapisserie retrouve virtuellement son écrin original et Benoit Quéro,  directeur-fondateur de Spectaculaires nous présente cette réalisation originale.

Benoît Quéro vous êtes déjà intervenu deux fois à Bayeux avec l’histoire de Jeannine la dentellière, dans la cour du Doyen, et autour de l’arbre de la Liberté. Cette fois vous entrez dans la cathédrale…

Oui, on est y est. L’équipe municipale et l’office de tourisme voulaient développer l’attractivité touristique sur une micro-saison en hiver, ce qui nous a conduits à investir l’intérieur de la cathédrale. C’est un point de confort pour les spectateurs. Pour nous, la dimension et l’intérêt d’un tel édifice permettent de rêver à différents scénarios…

 

Cette création s’inscrit-elle dans les célébrations de la Bataille d’Hastings ?

Bien sûr, la date anniversaire a permis de concrétiser ce projet autour d’un double temps. La mémoire d’Hastings le 14 octobre 1066, et l’anniversaire du couronnement le 25 décembre. 

 

Pendant la projection, la Tapisserie défile sous la balustrade. Vous avez dû composer avec les contraintes du bâtiment ?

Oui, mais c’est aussi un plaisir. On aborde les questions de l’imaginaire de projet avec un grand sens de l’écoute (le contexte, les gens qui savent…) et avec le regard (la pertinence de l’histoire, l’organisation du récit…). On prend aussi en compte le pouvoir féérique des lieux. Notre art n’est pas normé comme le cinéma sur son écran. L’image embrasse la totalité des lieux. Ce n’est pas du dessin d’animation, c’est un art de l’installation.

 

Vous avez utilisé la technique du mapping ?

C’est un mot qu’on ne chérit pas trop. Je parle plutôt de scénographie parce qu’à la projection s’ajoute du son et de la lumière corrélés. Cela va plus loin qu’une simple succession d’effets spéciaux. On est plutôt dans une proposition de voyage intérieur.

 

Vous avez testé votre création en octobre. Sur quels aspects avez-vous travaillé pour sa version finalisée ?

Sur le récit, qui sera déployé sur toute la durée de la projection, et non plus en introduction. Nous voulons donner des clés supplémentaires, des points d’intérêt. Mais on est toujours dans l’idée qu’il ne s’agit pas de tout dire, de tout expliquer. Mais plutôt d’ouvrir des portes sur l’histoire de la Tapisserie, sa fabrication, le contexte…

 

La cathédrale est un bâtiment classé. Vous avez pu intervenir aussi facilement que vous le souhaitiez ? 

On a l’habitude de ces conditions. On ne peut pas faire n’importe quoi. Il y a d’abord un travail de concertation avec l’architecte. C’est aussi un lieu cultuel. Mais ce type de travail est d’une très grande précision. L’installation doit l’être aussi. On ne vient pas sauvagement abîmer l’édifice car le matériel mis en place doit fonctionner dans un réseau coordonné. On a intérêt à être soigneux. C’est une contrainte mais aussi une mécanique vertueuse.

 

Symboliquement, vous invitez le public à lever les yeux…

Oui et le bâtiment revêt des habits de lumière qui nous font penser à ce travail réalisé au temps des cathédrales. Aux XIVe et  XVe siècles, les cathédrales étaient peintes, très chromatiques. Le culte est revenu à plus d’austérité, mais autrefois, il était extrêmement chatoyant avec des codes de couleurs. On tutoie sobrement mais sûrement l’univers des enluminures.

Informations pratiques
HORAIRES

Les mercredis, samedis et dimanches du 3 au 31 décembre (sauf 24 et 25).

Séance exceptionnelle le vendredi 23 décembre avant pause de Noël.

Séances à 18h, 18h30, 19h, 19h30 et 20h.

Gratuit.