Sur les routes du D-Day en Super Seven

Département : Calvados
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Elle est née de l’imagination folle de Colin Chapman en 1957. Dans la série britannique Le Prisonnier, Patrick McGoohan en avait fait son modèle fétiche. Aujourd’hui, elle sillonne les routes du D-Day en Normandie. La Super Seven incarne l’esprit de l’automobile sportive à l’anglaise. MyNormandie a pris le volant pour tester le Road Book des plages du Débarquement. Résultat ? On est tombé sous le charme de ce roadster si décalé.

Si les balades dominicales en voiture commencent à avoir un effet soporifique sur vous, il est peut-être temps de les pimenter un peu. Pour cela, inutile de vous endetter à vie pour une GTI aseptisée. Avec Normandie Seven, le plaisir automobile se goûte les cheveux au vent et les fesses sur le bitume. Cette jeune société de location caennaise peut mettre entre vos mains une Super Seven diablement vintage. Cette voiture hors norme a été construite par Lotus entre 1957 et 1973 avant que le constructeur ne cède sa licence à Catheram, un constructeur anglais lui aussi, qui produit chaque années quelques unités  homologuées pour le marché français.

Normandie Seven aurait pu se contenter de faire tourner son petit bolide sur circuit. Mais Géraldine et Mickaël Ferrière n’avaient pas le coeur à vous laissez rouler idiot. Ils ont préféré  voir leur Catheram évoluer sur les routes normandes, et pour ce faire, ils ont concoctés des circuits touristiques avec panier repas, road book et GPS. Pays d’Auge, Suisse Normande, plages du Débarquement, Guillaume le Conquérant…, quatre itinéraires sont proposés.

 

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Faire corps avec la voiture

10 h sur un parking aux environs de Caen. La Super Seven est là. Pile au rendez-vous mais invisible au premier coup d’oeil. En s’approchant, on découvre l’engin tapis entre deux véhicules qui la dominent de près d’un mètre. Incroyablement fuselée, campée sur des roues qui paraissent démesurées…

En photo, la voiture laissait l’impression d’une anglaise de bonne famille. Là, avec sa garde au sol de monoplace, sa robe gris alu, ses ouies d’aération et sa longue ligne d’échappement, on devine que le circuit est son terrain de jeu. Alors un doute surgit. Suis-je capable de piloter un tel engin ?

S’introduire dans une Super Seven, c’est tout de suite se fondre dans un univers inconnu. D’habitude, on ouvre la portière et on s’assied dans un mouvement naturel. Ici on doit enjamber le cockpit sans prendre appui sur le pare-brise – si frèle et si fragile – mais en s’agrippant à l’arceau de sécurité situé à l’arrière des sièges. Dans le même mouvement, il faut passer les jambes, les deux en même temps, se laisser glisser vers le fond du siège, jouer des épaules pour trouver sa place. Quand on ne peut plus bouger, c’est qu’on y est. Faire corps avec la voiture : l’expression n’a jamais été aussi juste. Mickaël a pris le volant pour les premiers kilomètres. On file vers le pont de Bénouville. Je suis totalement désorienté dans la circulation. Les autres véhicules paraissent démesurés. Dix kilomètres de sensations fortes avant le petit-déjeuner au Café Gondrée.

 

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À toi maintenant !

L’instant fatidique est arrivé. Mickaël me tend les clés. J’hésite encore… Mais comme il a déjà pris place côté passager, plus moyen de reculer. Ni d’avancer d’ailleurs ! Impossible de positionner le siège plus en avant. Le conducteur doit mesurer au moins 1,70 m pour sentir le pédalier sous ses pieds. Les jambes sont totalement étendues. Couché comme un pilote de F1, on tâtonne pour identifier les pédales qui sont extrêmement rapprochées. Au premier freinage, première sueur froide : “ça freine pas !” Mickaël, serein, explique que la Super Seven n’est pas la voiture feutrée de tous les jours. Freins directs, pas de direction assistée. Le confort est spartiate et la conduite virile. Deuxième frayeur à l’approche d’un dos d’âne. “M… ! ça va taper !” Cette fois plus d’hésitation, on écrase les freins et ça passe. Entre le sol et le bas de caisse, il y a à peine plus de 15 cm. Si on laisse pendre le bras par la portière, la paume de la main s’appuie sur le bitume !

 

Ouistreham, Courseulles, Arromanches…

Les kilomètres défilent et l’appréhension s’efface. Le corps se détend, les pieds trouvent leur place, les rapports montent plus rapidement. Le plaisir aussi. A chaque accélération, un large sourire s’affiche sur mon visage. La puissance de la voiture vous passe dans l’échine. C’est la position très reculée entre les roues arrière qui accentue cette impression. C’est aussi ce qui donne une sensation unique de manoeuvrer une monoplace. Avec ses gros phares ronds qui empiètent votre champ de vision, le capot démesuré vire à droite et à gauche pour se mettre en ligne à chaque coup de volant, comme un paquebot… Le son est indescriptible. Pas franchement harmonieux. Le pont qui transmet la puissance aux roues arrière fait un bruit de turbine strident qui disparaît quand on prend de la vitesse. A ce moment-là, on peut commencer à  apprécier la mélodie du moteur Ford.

Rouler vite, la Super Seven sait faire. Mais on ressent déjà beaucoup de sensations à  moins de 90 km/h. On sent la voiture joueuse et c’est un plaisir de la conduire sur des petites routes sinueuses. Cette version sage ne développe que 120 cv, mais pour 550 kg seulement. Au catalogue de Catheram, il existe une version de 240 cv. On n’ose imaginer les sensations…

 

Informations pratiques
ADRESSE
Normandie Seven

3, chemin de la patte d’oie

14111 Louvigny

 

06 62 65 37 16
06 02 16 12 61
TARIFS

   Formules de location à partir de 250 €