Jolies Ornaises – Dentelles jumelles d’Alençon et d’Argentan

Jolies Ornaises, Dentelles jumelles d’Alençon et d’Argentan est une  coproduction entre le musée des Beaux-arts et de la Dentelle  d’Alençon et la Maison  des Dentelles d’Argentan. Pour la première fois, les deux institutions conjuguent leurs collections, afin d’offrir une exposition originale consacrée aux dentelles jumelles de l’Orne, les points d’Alençon et
d’Argentan.

Le savoir-faire de la dentelle à l’aiguille est inscrit dans l’ADN du territoire ornais depuis quatre siècles. Jamais figé, il admet des variations formelles et esthétiques au sein d’une large palette technique donnant naissance à une forme d’expression unique au monde.

À travers la présentation d’une centaine d’oeuvres, l’exposition révèle l’excellence technique et le génie créatif des dentellières qui, hier comme aujourd’hui, transforment la matière la plus simple, un fil de lin ou de coton, en oeuvre d’art.

 

JoliesOrnaises

 

Une nouvelle lecture des collections

Depuis le XVIIe siècle, la dentelle ornaise est entièrement réalisée à la main avec une aiguille, du fil de lin ou de coton, du crin de cheval et un support provisoire en parchemin, selon une chaîne opératoire composée d’une douzaine d’étapes.

La dentelle à l’aiguille n’a cessé d’évoluer pour s’adapter au goût changeant des grands de ce monde. D’abord Point de France, arborant des champs de brides à picots, les dentelles se parent à partir du début du XVIIIe siècle de champs de brides, formant un maillage hexagonal régulier plus ou moins large, ou de champs de réseau, ressemblant à un tulle très fin.

Vers la fin du XVIIIe siècle, les ouvrages à champs de brides commencent à être appelés « point d’Argentan » et les dentelle à champs de réseau « point d’Alençon », en raison de la spécialisation de ces deux cités dentellières. Elles ont cependant fabriqué tous les champs jusqu’au début du XIXe siècle. Ces « étiquettes » permettent de distinguer les différentes formes de la dentelle ornaise mais pas leur lieu de production.

D’un point de vue purement technique, la seule variation des champs ne suffit pas à créer une dichotomie au sein de la chaîne opératoire commune aux points d’Alençon et d’Argentan. L’emploi de la bride ou du réseau a toutefois une véritable incidence sur le traitement du programme décoratif.

Ainsi, il est possible de considérer le recours à la bride ou au réseau comme une réponse technique au service d’un effet esthétique. Dentelles jumelles, les points d’Alençon et d’Argentan peuvent être envisagés comme des variations esthétiques subtiles admises au sein d’un vaste ensemble technique homogène depuis le début du XVIIIe siècle continuellement soumis aux caprices de la mode.

Malgré l’inexorable déclin des dentelles manuelles au XXe siècle, la conscience patrimoniale partagée par une pluralité d’acteurs a permis à ce savoir-faire dentellier remarquable, né dans l’Orne il y a près de quatre siècles, de perdurer à Alençon et à Argentan. Les dentellières de l’Atelier conservatoire national du Point d’Alençon du Mobilier national et les soeurs bénédictines de l’abbaye Notre-Dame d’Argentan oeuvrent à la préservation de cet art pluriséculaire pour que ne s’éteigne pas la mémoire des « jolies Ornaises », les dentelles aux points d’Alençon et d’Argentan. Elles demeurent ainsi une source d’inspiration pour les artistes contemporains.

 

Une création exceptionnelle

L’exposition a inspiré Bénédicte Laviec-Leclercq, Meilleur ouvrier de France en dessin pour dentelle à l’aiguille (1997) et en dentelle au point d’Alençon (2011). Par un dessin puissant, elle met en lumière l’unité technique de la dentelle à l’aiguille ornaise et associe avec virtuosité les soeurs jumelles, le point d’Alençon et le point d’Argentan.

 

Une exposition labellisée

Le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne ont adopté le 17 mai 2017 la décision proclamant 2018 « Année européenne du patrimoine culturel ». Cette année doit permettre de promouvoir le patrimoine comme élément central de la diversité culturelle et du dialogue interculturel, de valoriser les meilleures pratiques pour assurer la conservation et la sauvegarde du patrimoine ainsi que de développer sa connaissance auprès d’un public large et diversifié.
L’exposition Jolies Ornaises, Dentelles jumelles d’Alençon et d’Argentan est labellisée dans le cadre de l’Année européenne du patrimoine culturel 2018.

 

Musée des Beaux-arts et de la Dentelle
Du 10 avril au 4 novembre 2018
Cour carrée de la Dentelle – 61000 Alençon
Contact : 02 33 32 40 07 – musee@ville-alencon.fr

Retrouvez toute l’actualité du musée sur le site internet :
www.museedentelle-alencon.fr et sur la page facebook : museedentellealencon

Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 12h et de 14h à 18h de septembre à juin. Fermé le 1er mai.
Ouvert tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 18h en juillet et en août.

Plein tarif : 4,10 € – Tarif réduit 3,05 € – Gratuit pour les moins de 26 ans.
Tarif réduit accordé sur présentation d’un billet d’entrée de la Maison des Dentelles d’Argentan.

L’exposition sera présentée à la Maison des Dentelles d’Argentan du 2 avril au 2 novembre 2019 avec une sélection d’oeuvres renouvelée.