Le MAHB de Bayeux accueille un second Caillebotte

Posté le : 06-02-2020 - Écrit par : - Dans la catégorie : Non classé
MAHB

Les collections du musée d’Art et d’Histoire Baron Gérard viennent de s’enrichir d’une nouvelle toile de Caillebotte, peintre impressionniste étroitement lié à la ville.

Depuis 1947, le MAHB possède une toile de Gustave Caillebotte qui fait figure de pièce maîtresse. Portraits à la campagneest entrée dans la collection du musée par un don de Zoé Caillebotte, cousine du peintre. Cette œuvre intimiste représente quatre femmes de la famille, rassemblées à Yerres, dans l’Essonne. Mais depuis fin janvier, la salle Caillebotte a dû faire place à une seconde toile : Paysage à Argenteuil. Cette œuvre, qui fait également partie de la collection Zoé Caillebotte, est entrée dans les collections nationales par une dation en juillet 2019. Elle arrive aujourd’hui à Bayeux grâce à un dépôt du musée d’Orsay, conformément à la volonté du petit-fils de Zoé Caillebotte, François Chaplain, habitant de Bayeux qui souhaitait réunir ces deux œuvres au Musée Baron Gérard. 

«  Ce sont deux toiles représentatives de la carrière de l’artiste, explique Dominique Hérouard, responsable du MAHB.Portrait à la campagne date de 1876, c’est une œuvre de début de carrière assez figurative et réaliste.En revanche,Paysage à Argenteuil est une œuvre tardive (1889) qui évoque l’environnement quotidien du peintre, puisqu’en 1887, Caillebotte s’installe au Petit-Gennevilliers, face à Argenteuil. »  

 

Un impressionniste en devenir

Au début de sa carrière, Caillebotte produit surtout des paysages urbains, avec une représentation très proche de la réalité, à la limite du documentaire. « C’est une peinture encore figurative, la touche n’est pas complètement impressionniste. Elle le sera pleinement quand il se tournera vers les paysages de campagne, aux alentours de 1878 »,détaille Dominique Hérouard.

Gustave Caillebotte se revendique du mouvement impressionniste qu’il intègre à partir de 1876. C’est un membre très impliqué puisqu’il le soutient financièrement, mais il en est aussi une cheville ouvrière puisqu’il s’occupe de l’organisation des expositions. Il se fait également mécène pour le groupe, prête de l’argent, et surtout achète des toiles à ses amis impressionnistes. « Certainement par goût, mais aussi pour aider ses confrères de façon discrète, sans les gêner. »Caillebotte se constitue ainsi une collection impressionniste. Il achète son premier Monet en 1875 (16 au total). À Camille Pissarro, le plus pauvre d’entre-eux, il achète 18 tableaux ! En 1976, la disparition de l’un de ses frères le bouleverse. Caillebotte décide, alors qu’il n’a que 28 ans, de rédiger un testament dans lequel il souhaite léguer à l’État sa collection impressionniste. Très tôt, Caillebotte a le soucis de porter à la connaissance du public l’apport de l’impressionnisme, dont il a compris l’importance dans l’histoire de l’art. Ce legs est assorti d’une condition : que ces œuvres soient présentées au musée du Luxembourg (musée des artistes vivants) puis au musée du Louvre. Le legs n’aura pas lieu si les toiles sont destinées à l’oubli des réserves.

 

Un mécène visionnaire

Au décès de Caillebotte en 1894, son testament est inchangé. S’ouvre alors une vraie bataille entre son frère Marcel, associé à son exécuteur testamentaire (Auguste Renoir), et l’État. Ils vont négocier pendant trois ans pour faire accepter 40 œuvres sur les 69 proposées. Sur ces 40 œuvres, Caillebotte ne transmet aucune toile peinte de se main. Ce legs constitue aujourd’hui le socle des collections impressionnistes du musée d’Orsay. La première œuvre qui a rejoint les collections publiques est aussi la plus célèbre : Les raboteurs de parquets

En prélude du festival Normandie impressionniste, ce dépôt au MAHB prend un relief particulier. Un programme d’animations autour de Caillebotte sera proposé jusqu’en mai, avec notamment des ateliers pour les enfants et des visites flash autour de deux œuvres du musée.

 

Réservation conseillée : resa-mahb@mairie-bayeux.fr ou 02 31 10 27 84.
www.bayeuxmuseum.com

 

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