Le Donjon d’Étretat tatoué par Jean-Charles de Castelbajac

Posté le : 06-11-2017 - Écrit par : - Dans la catégorie : Non classé
Etretat-Castelbajac-MyNormandie

Avec une vue imprenable sur la mer et les falaises, le Domaine Saint-Clair et son restaurant le Donjon jouent depuis 1862 la carte de l’exception. Mais à partir du 7 décembre, une nouvelle histoire s’y écrira. Sur les murs, dans les assiettes…

 « Mes parents l’ont acheté en 1978. Ils sont passés progressivement de 7 à 21 chambres, et le Domaine est devenu aujourd’hui une grande maison à partager ». Omar Abodib, qui avait longtemps juré de se tenir loin de l’affaire familiale, a finalement repris le flambeau en 2002. Les liens de la filiation ? Pas seulement. Après des années dans la restauration et l’événementiel, Étretat a exercé sur lui une force d’attraction à laquelle il n’a pas pu résister. « Le Domaine Saint-Clair, c’est une maison familiale depuis 40, donc une histoire intime… Mais je m’autorise aujourd’hui à la dépoussiérer un peu. » Oublié le style anglo-normand ? Pas totalement, mais le salon du restaurant sera bientôt méconnaissable quand le mobilier dessiné par Jean-Charles de Castelbajac arrivera. Oui, c’est bien le couturier-créateur qui a investi cette salle, une sorte de boudoir qui épouse la tour octogonale du manoir. « L’esprit est y conservé mais on a supprimé la cheminée et ouvert une fenêtre pour la clarté. Et pour assumer l’originalité du lieu, j’ai laissé carte blanche à Jean-Charles pour qu’il nous raconte une histoire. Je lui ai proposé de tatouer la maison ! »

 

« Dans le sillage de deux mains »

La rencontre entre les deux hommes qui ne se connaissaient pas s’est faite au Donjon, lors de fêtes de Noël. Pourquoi Jean-Charles de Castelbajac a accepté cette invitation ? Peut-être parce qu’il est, lui aussi, lié à la région. Sa famille possédait des usines de tissage à Bolbec au début du siècle. Mais aussi parce que le manoir est d’évidence un lieu d’inspiration pour écrire un récit. Celle-ci s’intitule énigmatiquement « Dans le Sillage des deux mains ». Il suffit de laisser le regard courir sur les murs pour comprendre que la mer est au cœur du projet, mais Omar Abodib décrypte tout de même les scènes : « Jean-Charles de Castelbajac joue souvent avec ses couleurs pop :  rouge, jaune, bleu… ce sont ses fétiches. Il s’est souvenu des « draches » du pays et des arcs-en-ciel qui s’ensuivent. C’est le bleu de l’horizon, le noir des cabanes de pêcheurs passées au goudron, le blanc des falaises de craie. L’histoire, c’est celle des Terres-Neuvas, de ces gars qui montaient sur un bateau pour ne revenir qu’un an plus tard. C’est celle des femmes de marins qui attendent avec espoir, celle des vikings qui abordent la Normandie il y a plus de 1 000 ans, des porte-conteneurs d’aujourd’hui qui passent à l’horizon. Ce sont aussi les migrants… », souligne gravement Omar Abodib.  Éclairée par le soleil, la fresque emmène aussi dans son tourbillon un trois-mats. « Ma famille est à bord, sous le commandement de Mickey… Il y a aussi ce sous-marin refuge de nos secrets, deux totems qui semblent soutenir la maison, le Bel Ami de Maupassant, une aube électrique et un poulpe. C’est Jean-Charles lui-même, multi-talents, tentaculaire… »  La fresque du Donjon mixe les références universelles et quelques symboles d’une introspection que le propriétaire et le créateur ont voulu disperser dans l’oeuvre… J’aimerais que les clients lâchent un instant leur portables et qu’ils se laissent aller à la contemplation… », conclut Omar Abodib.

 

Domaine Saint-Clair – Le Donjon
76790 Étretat
02 35 27 08 23 – www.hoteletretat.com