75e anniversaire du Débarquement

 

 

Veterans Chenevière © John Riedy

Un vétéran à notre table

À Port-en-Bessin, l’hôtel-château de La Chenevière a décidé de célébrer dans ses murs le 75e anniversaire du Débarquement d’une manière inédite.

À 10 mn de Bayeux et à 15 mn du cimetière américain, l’hôtel de La Chenevière est idéalement situé au cœur des plages du Débarquement. Et de ce fait, sa clientèle est très majoritairement américaine. Pour le 75e anniversaire du Débarquement, l’établissement se devait de marquer le coup en imaginant un événement inédit. Oui mais lequel ? Une exposition photo de 75 vétérans ? Oui, ce sera bien le cas. Mais une autre idée est née avec Timothy Davis, président de The Greatest générations fondation. “Ne pourrait-on pas organiser pour les clients de l’hôtel des dîners en présence de vétérans américains ?” Thomas Dicker, propriétaire du château, a été séduit par cette idée finalement toute naturelle. “Depuis sa création, La Chenevière est fréquentée par des touristes américains mais aussi par des vétérans qui aiment volontiers partager leurs souvenirs avec nos clients. Ce qui n’était jusqu’alors que des échanges informels prendra la forme de soirées organisées.” D’avril à fin novembre, grâce à la Greatest générations fondation, 17 dîners seront programmés pour permettre à chacun de partager ce moment d’émotion et de reconnaissance, en langue américaine.En Angleterre, la presse en parle déjà, mais Françoise Fauquet, responsable des relations publiques de l’hôtel, est convaincue que des Français seront aussi intéressés par cette expérience.

Steven MELNIKOFF, 99 ans

“Même si certains ont une santé fragile, les vétérans veulent venir une dernière fois et témoigner, assure Françoise Fauquet. La plupart des vétérans ont vécu une expérience inouïe avec ce débarquement, et le retour au pays n’a pas été facile. Mais ils ont une force de volonté que je trouve admirable. Steven Melnikoff (en photo), qui sera l’un de nos invités, fêtera ses 100 ans en Normandie. Comme beaucoup, il a cet attachement pour la Normandie. Si certains n’ont jamais voulu ou eu l’opportunité de revenir, ils se décident souvent à la fin de leur vie et souhaitent faire ce dernier voyage. « Nous avons déjà accueilli Lucky Henry, se souvient Françoise Fauquet. Henry fut le seul survivant de sa section à Omaha. Il a souhaité se remémorer son débarquement et retrouver l’accueil des Normands, ce que les vétérans apprécient tous. C’est primordial de les aimer, de les entourer. Ils sont touchés par la gratitude qu’on leur témoigne encore.”

PRATIQUE >
Les dîners seront précédés d’une conférence.
17 dates sont programmées du 18 avril au 28 novembre 2019.
Menu dégustation accompagné d’une sélection de vins : 190 €.
Réservation obligatoire. www.lacheneviere.com – 02 31 51 25 25

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Centre Juno Baech  expo © Mynormandie.fr

Grandes femmes dans la guerre

Réalisée par le Musée canadien de la guerre, en partenariat avec le Centre Juno Beach, cette exposition rend grâce aux femmes à travers leur contribution à l’effort de guerre.

Dans la mémoire de la Seconde Guerre mondiale, les femmes sont généralement oubliées ou rarement placées dans la lumière, mises à part quelques figures de résistantes… ou de collaboratrices volages. L’exposition présentée au Centre Juno Beach de Courseulles propose une autre représentation de la guerre en l’évoquant à travers 16 beaux portraits de femmes. Ces récits ont été rassemblés pour dire ce que fut leur expérience de la guerre, par des actions modestes ou parfois des contributions héroïques. C’est le cas, par exemple, de Madeleine Verly, employée d’une compagnie ferroviaire qui, grâce à son laissez-passer, a pu recueillir de nombreux renseignements sur les activités allemandes utiles pour la Résistance. Mais les femmes contribuent aussi discrètement à l’arrière pour suppléer les hommes partis au front et pour maintenir à flot l’économie de leur pays. C’est le cas de Mary Holland et Mary Ziniuk qui ont tricoté sans relâche des chaussettes et d’autres articles de laine pour les soldats canadiens. Cette exposition relate 16 destins ordinaires ou extraordinaires de Canadiennes et d’Européennes, symboles du courage et de l’abnégation de millions de femmes qui ont vécu l’expérience de la guerre.

www.junobeach.org

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 Claire Lesourd © Mynormandie.fr

2019, une année particulière

Guide conférencière sur les plages du Débarquement, Claire Lesourd aborde sa 29e saison avec une pointe de tristesse. Le dernier hommage rendu aux vétérans cette année sera aussi un adieu.

 

Claire, vous êtes guide depuis près de 30 ans. Racontez-nous votre parcours…

Étudiante en fac de langues, j’ai débuté avec le Mémorial de Caen en intégrant la première équipe de guides quand les circuits ont été mis sur pied. J’y suis restée 13 ans et j’ai passé l’examen de guide-conférencière. J’ai intégré ensuite l’office de tourisme de Bayeux, puis en 2011, j’ai fait le saut pour devenir indépendante. Aujourd’hui, je ne suis plus contrainte de suivre toujours le même circuit et je peux personnaliser mes prestations.

 

Durant ces années, la demande de vos clients, majoritairement Américains, a-t-elle évolué ?

Oui et le changement le plus frappant concerne les vétérans eux-mêmes. Plus le temps passe, moins ils sont réticents à parler. L’urgence les pousse à témoigner. Mais ils conservent une forme de discrétion et de pudeur. J’accompagne des groupes qui sont parfois en croisière sur la Seine, et dans ce cadre, il m’est arrivé qu’un vétéran américain me prenne à part pour m’expliquer qu’il avait débarqué en Normandie. Mais il ne souhaitait pas le faire savoir aux autres. II n’avait aucune envie de devenir le héros du groupe. Pour beaucoup de vétérans, parler c’est prendre le risque de réveiller des souvenirs trop pénibles. Ceux qui embellissent leurs récits sont rarement des soldats de première ligne. J’ai le sentiment que plus on est proche des choses difficiles, moins on en parle.

 

Les familles ou l’entourage réalisent-ils l’expérience vécue par les vétérans ?

Je ne crois pas, non. J’ai accompagné des veuves dont les maris avaient disparu 4 ou 5 ans plus tôt sans pouvoir revenir. Elles ont été très impressionnées en découvrant nos plages découvertes à marée basse. Elles ont réalisé le danger. En foulant à leur tour ces plages, les récits de leurs maris sont devenus plus vivants.

 

Et les vétérans, quels souvenirs évoquent-ils ?

Ce sont toujours les mêmes : la plage, la Bataille des Haies pour les Américains, les cadavres d’animaux dans les champs, les mouches. Pour les Britanniques et les Canadiens, Caen et Falaise reviennent en mémoire. Ce sont des flashs sur des moments ou des paysages. Ces souvenirs parlent de l’événement à leur façon.

 

Durant ces pèlerinages, vous partagez l’intimité des familles probablement submergées par l’émotion…

C’est vrai et au début j’étais très affectée. On essaie de ne pas se laisser déborder par les sentiments, mais j’ai vécu des moments très forts. En 2012, j’accompagnais un groupe de neuf dames. L’une d’elles venait pour la première fois se recueillir sur la tombe de son papa tué quand elle n’avait que 7 ans. Soudain, elle s’est mise à pleurer comme une enfant, alors que c’était une femme de plus de 70 ans. Je me suis faite embarquer par l’émotion. Vous l’entendez encore dans ma voix.

Retrouvez l’intégralité de cet entretien dans le N°25 de My Normandie http://mynormandie.fr/produit/mynormandie-25/

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 Centre Juno Baex parcours jeune©Mynormandie.fr

Centre Juno Beach : Un nouveau parcours jeune public

Depuis sa création, le Centre Juno Beach ne cesse de se renouveler. À l’occasion du 75e anniversaire du Débarquement, il intègre “Explore Juno”, le nouveau parcours pour le jeune public avec des écrans tactiles. “Attention, il ne s’agit pas de les enfermer sous un casque ou derrière une console, prévient Nathalie Worthington. Le jeu, qui consiste à collecter des coquelicots à chaque bonne réponse, vient se tisser avec le reste du parcours. Donc nous n’ajoutons pas de la techno pour la techno mais nous proposons une nouvelle approche pour les 7-11 ans.” Pour l’exposition réalisée cette année en partenariat avec le Musée canadien de la guerre, un bel hommage est également rendu aux “Grandes femmes dans la guerre” depuis le début mars.

www.junobeach.org02 31 37 32 17

 

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 -Visuel dossier presse

1 000 portraits pour le D-Day

Momentanément occulté par le centenaire de la Grande Guerre, le 75e anniversaire du Débarquement se prépare activement en coulisse.

Premier à lever le voile sur les événements commémoratifs qui seront organisés pour le D-DAY, le Comité du Débarquement a décidé de rendre un hommage spectaculaire aux vétérans, résistants, et acteurs du Débarquement. 

Le principe : créer une immense galerie de portraits répartis dans les 48 communes qui ont choisi de participer à l’opération. 1 000 kakémonos seront ainsi déployés entre Sainte-Marie-du-Mont (Utah Beach) et Merville-Franceville (Sword Beach) à partir du mois d’avril jusqu’au mois de septembre 2019. Les communes de la zone d’influence du Comité du Débarquement s’engagent à reconduire l’opération pendant 5 ans. L’idée de ce déploiement est venue à Jean-Marc Lefranc, président du Comité du Débarquement, au cours d’un voyage aux USA. “J’ai découvert ce type d’exposition in situ dans la ville de Willsboro et l’idée a été jugée intéressante. Il reste à réaliser un gros travail de recherches avec les communes pour sélectionner, authentifier et dédoublonner les portraits proposés.” 

Le montage des kakémonos devra être réalisé par les services techniques de chaque commune dans un délai d’une semaine avant les festivités. Le coût de réalisation de ces kakémonos s’élèvera à 150 000 e entièrement supportés par le Comité du Débarquement qui prendra en charge également le remplacement éventuel des bâches en cas de détérioration. L’opération est labélisée par la Région pour le 75e.

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Musee Airborne Sainte-Mere-Eglise Normandie D-Day © Mynormandie.fr

75 ans après le Débarquement en Normandie, un fusil Mauser revient à Sainte-Mère-Église

L’histoire suit parfois des chemins sinueux. C’est le cas de ce fusil Mauser n°41445 D ayant appartenu à un soldat allemand mort au combat sur la place de Sainte-Mère-Église. Récit.

Le 6 juin 1944, le parachutiste « Ed » appartenant à la 101eAir Force est largué au-dessus de Sainte-Mère-Église, mais quand il touche le sol, sa jambe se brise. Incapable de se relever, il git sur la place du village à côté du corps d’un allemand. Malgré sa blessure, il décide de subtiliser son arme, un fusil Mauser. Pour « Ed », la guerre est déjà finie. En fin de journée, il est évacué sur la plage, puis il embarque vers l’Angleterre pour recevoir des soins. Dans sa couverture de survie, le Mauser est bien dissimulé et commence pour lui un long voyage…

Un trophée de guerre à Miami

Rapatrié aux USA, « Ed » se rétablit en Floride. L’ex-para, qui reste handicapé par sa blessure (une jambe plus courte que l’autre) entre dans la société Texaco. Son adjoint est un Français, Daniel Chiron. Durant leur carrière, les deux hommes nouent des liens solides et lorsque « Ed » est touché par un cancer, il fait venir son ami pour lui avouer un regret : « J’ai récupéré ce fusil Mauser en Normandie au pied de l’église de Sainte-Mère. J’ai fait une grosse connerie, il faut que tu le ramènes en France ! » Le fusil change de mains, mais Daniel Chiron est embarrassé par cette arme de guerre. En 2011, il souffre lui-même d’un cancer. À son tour, il révèle à un autre collègue et ami, Jean-Claude Pellerin, l’existence de cet héritage encombrant : « Je suis malade et je ne pourrai par ramener ce fusil en France comme me l’a demandé « Ed » ».Le fusil change encore de mains. Mais ce n’est pas fini. Jean-Claude Pellerin n’a pas plus de chance puisqu’il est frappé par un AVC. Il confie l’arme à Michel dit « Papotin » qui a pour mission de trouver un lieu de destination pour le Mauser. Son choix se porte finalement, et en toute logique, sur le musée Airborne de Sainte-Mère pour un retour au point d’origine. Sous l’escorte d’un ancien commandant de gendarmerie, le 24 octobre dernier, les volontés de Ed sont enfin respectées, près de 75 ans plus tard. Fin de l’histoire ? Pas encore. Le musée espère retrouver l’identité du soldat américain et celle du soldat allemand, pour essayer de réunir les deux familles lors du 75eanniversaire du Débarquement. L’enquête ne fait que commencer…

Musee Airborne Sainte-Mere-Eglise Normandie D-Day © Mynormandie.fr

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