Cité de la Mer de Cherbourg

Posté le : 21-07-2016 - Écrit par : - Dans la catégorie : Non classé
Rencontres

4,6 millions d’euros pour une version 2

Avec 220 000 visiteurs par an, la Cité de la Mer est devenue depuis 2002 la locomotive touristique
du Cotentin. Mais elle a aussi pour elle la reconnaissance de la communauté scientifique.
Pour preuve, Bernard Cauvin a réuni des dizaines d’experts scientifiques et partenaires internationaux pour repenser le nouveau parcours muséographique qui ouvrira en 2018. 

 

Nouvelle offre, nouveau parcours de visite… Le pavillon des expositions permanentes de la Cité de la Mer prépare actuellement sa mue. Déjà, s’étonneront ceux qui se souviennent de la renaissance de l’ancienne gare maritime en 2002 ? «Ne pas faire cet investissement, ce serait accepter de régresser et condamner à terme la Cité de la Mer», plaide Benoit Arrivé, maire de Cherbourg. “C’est un projet qui anticipe à 20 ans”, complète Bernard Cauvin, président directeur général de la Cité de la Mer. “Nous avons greffé autour de nous les meilleurs océanautes russes, sud-coréens, chinois, américains, français… C’est quatre ans de gestation, de rencontres avec les scientifiques et avec Jacques Perrin qui nous a montré comment créer de l’émotion avec les technologies de pointe sur le tournage d’Océan.” Mais cette refonte, c’est aussi le fruit d’une réflexion menée avec Christian Buchet, directeur scientifique d’Océanides*, pour proposer une nouvelle approche qui fera de la Cité de la Mer un “centre européen d’éducation à la mer”.

Et si l’océan était l’avenir de l’humanité ?

En 2050, l’humanité sera confrontée à un défi majeur : celui d’une population comptant 10 milliards d’individus, pour lesquels la question de la nourriture, de l’énergie ou de la santé deviendra cruciale. Face à cette situation inédite, l’océan – dont 97 % restent à découvrir -, apparaît comme une promesse d’avenir. “L’océan a été le moteur des progrès de l’humanité depuis l’Antiquité et surtout depuis la Renaissance, rappelle Bernard Cauvin. En 2018, la Cité de la Mer ne délivrera pas de la science, mais fera aimer la science. Il nous faut raconter une histoire de la surface aux abysses…

 

Des flots jusqu’au plancher océanique

A quoi ressemblera la nouvelle Cité de la Mer en 2018 ? Les premières esquisses en donnent une idée avec d’abord une nouvelle passerelle d’embarquement vers le pavillon des expositions pour une immersion instantanée grâce à des murs d’eau miroitants… avant d’admirer le spectacle de la planète bleue. Puis le public sera invité à pénétrer sous la surface de l’océan, à rencontrer les espèces sauvages – raies manta, requins blancs, baleines, dugongs, cœlacanthes – grâce à des grandes lames de projection, et des tables de verre immergeant les visiteurs à mi-taille… Le voyage se poursuivra vers l’infiniment petit à la découverte du plancton qui fournit 50 % de notre oxygène. 

L’aquarium abyssal sera conservé avec sa faille de 15 m de haut et cinq aquariums cylindriques seront peuplés d’espèces issues de la nuit des temps, ayant survécu aux grandes catastrophes de la planète, dont les méduses dorées (- 435 millions d’années…). Suivra le bestiaire des profondeurs (poulpe géant, vampire des abysses, baudroie abyssale, poulpe dumbo capable de vivre jusqu’à – 5 000 m.). Au terme de cette descente, les océanautes feront découvrir les grands fonds et le plancher océanique… 

 

Jules Vernes, les émissoles et les limules

La Cité de la Mer prolongera l’exploration dans une alcôve réservée à l’archéologie sous-marine et le monde des épaves (le musée englouti). Et un salon rendra hommage au grand visionnaire qu’était Jules Verne, avant d’inviter les visiteurs à entrer dans la cuisine et le cellier du Nautilus

Pour conclure cette plongée vers la connaissance d’un monde à découvrir, les dernières sections se concentreront sur les promesses de l’Océan et le laboratoire du futur avec une fresque interactive de 12 m de long et ses bassins tactiles où les enfants pourront caresser émissoles et limules, espèces dont le sang bleu est utilisé en asepsie chirurgicale… 

La mer, terre d’avenir pour l’humanité ? Oui sans aucun doute, mais il y a un mais… Et c’est le message que garderont peut-être à l’esprit les visiteurs au terme de leur visite. L’océan qui nous émerveille est menacé : réchauffement climatique, acidification des eaux, destruction des habitats sous-marins, extraction de sable… Christian Buchet prévient : “L’Océan est notre avenir. A nous de ne pas reproduire en mer ce que nous avons trop souvent fait à la terre.” Jacques Perrin ne dit pas autre chose quand il nous rappelle “qu’il n’y a pas d’océan de rechange…

 

À retenir > Le pavillon des expositions fermera le temps des travaux en octobre 2017. Sa réouverture est prévue en mars 2018. Durant cette période, la grande nef, le Redoutable et l’espace Titanic resteront ouverts.

 

* Océanides est le plus grand programme en sciences humaines depuis la Grande Encyclopédie. Il regroupe 267 chercheurs du monde entier.

© Atelier Scénographique Pascal Payeur