Charlotte Corday : une amazone de la Révolution

Posté le : 12-04-2018 - Écrit par : - Dans la catégorie : Non classé
mynormandie.fr Charlotte Corday en prison, Augusta Lebaron-Desves, 1842 (c) Musée des Beaux-arts de Caen (1)

Charlotte Corday : pour tous les Caennais, ce nom évoque une chocolaterie de la rue Saint-Jean. Mais aussi cette concitoyenne qui poignarda Marat dans son bain. Pour Patrick Nicolle, commissaire de l’exposition qui lui est consacrée à Caen, “ce personnage laisse une trace importante dans l’histoire. D’ailleurs, les 250 ans de sa naissance sont inscrits au registre des commémorations nationales en 2018. C’était le moment de la présenter dans une juste mémoire”.

Rappel des faits : Charlotte Corday a vécu à Caen depuis l’âge de 9 ans, élevée par les sœurs de l’abbaye aux Dames à la mort de sa mère. Elle est décrite comme un personnage turbulent mais doté d’une vive intelligence. Elle a fait ses humanités avec Plutarque, mais elle a lu aussi des auteurs très modernes pour l’époque (Voltaire, Rousseau, l’abbé Raynal…). Les philosophes des Lumières lui ont ouvert un monde nouveau. “Celle qu’on présente comme une royaliste qui va tuer un odieux révolutionnaire, est en fait, avant la Révolution, une républicaine au sens romain du terme : elle espère une République vertueuse, pour le bien commun, comme elle l’écrit dans son testament politique,l’Adresse aux Français amis des lois et de la paix”. Son ancrage politique se trouve du côté des Girondins qui se réfugient en nombre à Caen après le coup d’État de 1793. Si elle les fréquente, elle considère aussi qu’ils manquent de courage. 

 

De la guillotine à la postérité

Lorsque Charlotte Corday lit l’Ami du peuple, le journal de Marat, elle est révulsée par cet appel au meurtre quasi quotidien. En juillet 1793, alors qu’elle n’a pas 25 ans, elle décide de quitter Caen pour Paris et parvient à se faire introduire chez Marat, qu’elle poignarde dans son bain. Reclus chez lui, Marat y soignait un eczéma scrofuleux en se plongeant quotidiennement dans une eau vinaigrée…

Charlotte Corday est guillotinée trois jours plus tard et passe très vite à la postérité grâce aux portraits qu’on a fait d’elle. On la considère successivement comme le monstre qui a tué ”l’ami du peuple”, puis comme une sainte au moment de la Restauration. “Au XIXe, on va s’en emparer comme d’une espèce d’héroïne. Livres, pièces, opéras, Charlotte inspire les dramaturges.”

Alors qui est réellement Charlotte Corday ? “Ni une sainte, ni un monstre. C’est une jeune femme qui a trouvé sa voie par la lecture des philosophes. Elle a aimé la Révolution à ses débuts et l’a détestée au moment où elle est devenue la Terreur”, conclut Patrick Nicolle.

Du 25 mars au 15 mai, Hôtel de Ville de Caen